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Nadia Sondt, une thèse et des missions pour développer la performance sportive !

Arrivée au Campus Sport Bretagne en septembre 2021 dans le cadre d’un contrat CIFRE, Nadia Sondt nous présente à travers cette interview les missions qu’elle dirige au sein de notre institution. 

Interview

 
 Nadia, tu es arrivée au Campus sport Bretagne dans le cadre d’une thèse CIFRE, peux-tu nous expliquer en quoi cela consiste ? Effectivement, le Campus sport Bretagne avait mis en ligne une offre CIFRE l’année dernière et cela correspondait à ce que je souhaitais faire dans la foulée de mon Master (voir ci-dessous le parcours de Nadia). Une thèse CIFRE est calquée sur le modèle d’une alternance. Je suis à 50% sur un travail pour le Campus Sport Bretagne et à 50% sur ma thèse, sachant que cette dernière répond à une problématique du Campus Sport Bretagne. Les deux temps sont corrélés et l’idée est vraiment de répondre in fine à une problématique terrain. 
 
Au sein du Campus Sport Bretagne, quelles sont tes missions ? Je suis cheffe de projet sur la dimension mentale de la performance. J’ai trois missions principales liées à ce poste : animer un réseau de préparateurs mentaux sur le territoire breton, animer et gérer un plateau technique à l’UBO (Université Bretagne Occidentale) et je participe à un travail de diagnostique que l’on mène avec la MRP Bretagne et l’ANS sur la région, en lien avec mes compétences sur la dimension mentale et la recherche appliquée (méthodologie, recueil des données, analyse des données …). 
 
En quoi consiste ce réseau de préparateurs mentaux et quel est ton rôle auprès des personnes identifiées ? L’objectif est de référencer des psychologues et préparateurs mentaux sur le territoire breton pour permettre aux sportifs, mais aussi aux clubs, comités, ligues sur le territoire de savoir vers qui s’orienter en fonction des besoins qu’ils ont identifié. Les professionnels qui souhaitent intégrer ce réseau doivent remplir un dossier. A réception, je vérifie les compétences de chacun, leurs diverses expériences … bref, je m’assure qu’ils ont bien le bagage requis. Il y a un vrai travail en amont pour être garant d’un professionnalisme de ces acteurs. Ensuite, c’est une commission qui passe chaque dossier au crible pour faire entrer ou non un professionnel dans le réseau. Claire Gully-Lhonore avait lancé ce travail il y a plusieurs mois en constituant un premier groupe et j’assure la continuité de cette mission depuis mon arrivée en Septembre. Mon rôle est aussi d’animer le réseau en mettant ces professionnels en relation. Nous organisons une à deux fois dans l’année une rencontre pour de la formation, des échanges, des besoins en ressources. Le Campus Sport Bretagne a cette volonté également d’alimenter ces professionnels dans leur pratique du quotidien. Entre eux, il y a un vrai échange comme on a pu le voir le 10 mai dernier lors du second regroupement. 
 
 
 

Dans tes missions, tu es également en charge d’un futur plateau technique à l’UBO pour le compte du Campus Sport Bretagne, peux-tu nous en parler ? Ce projet est en cours. L’idée est d’ouvrir un plateau d’étude et d’expertise au sein de l’UBO (Université de Bretagne Occidentale) qui aura pour but de recueillir des données spécifiques et de les mettre à disposition des sportifs de haut niveau et des structures. Nous serons orientés spécifiquement sur l’évaluation des déterminants psychophysiologiques de la performance, avec l’ambition de permettre aux entraineurs d’avoir accès à des données qu’ils ne peuvent pas recueillir eux-mêmes sur le terrain. Le plateau technique pourra proposer des outils et des programmes de développement des déterminants considérés comme difficiles à développer à partir de programme d’entrainements conventionnels. Gilles Kermarrec est le responsable de ce plateau et moi je suis sous son aile pour développer l’activité, pour le compte du Campus Sport Bretagne. 

 En collaboration avec la MRP Bretagne, tu apportes ton expertise pour réaliser un diagnostique sur les besoins des structures sur le territoire. Où en est ce travail et quels sont les objectifs ? Nous fonctionnons effectivement avec la MRP pour identifier les besoins sur les territoires afin de mettre en place ensuite des plans d’actions pour coller aux réalités du terrain. A la demande de la MRP, nous avons élaboré avec Corentin Le Métayer une grille d’entretien ainsi qu’une méthodologie pour poser les mêmes questions à toutes personnes que l’on rencontre. Ensuite, avec le soutien logistique de la MRP, nous avons ciblé les différentes structures, pris les rendez-vous et organisé les rencontres. Lors des entretiens, nous récoltons un ensemble de réponses et de données puis nous analysons l’ensemble pour faire ressortir des besoins communs au sein des différent structures. L’idée étant de sortir des problématiques transversales pour mettre en place des plans d’action communs liés à des problématiques du terrain. Notre étude est orientée autour de la performance, de la logistique, des moyens, de la scolarité …. 
 
Et ta thèse dans tout cela, peux-tu nous en parler ? 
Je vais travailler sur tout ce qui concerne le stress et la récupération chez les sportifs de haut niveau. Plus précisément les liens entre la pleine conscience et ces deux déterminants de la performance. La pleine conscience c’est : un état mental centré sur le moment présent sans poser de jugement. Un exemple rapide : « Se dire que je suis stressé aujourd’hui. Ok je suis stressé, je m’en rends compte, je l’accepte mais ce n’est pas le plus important à l’instant T … je me dirige vers ce qui est le plus important pour ma performance. Ok j’ai bien ma paire de chaussures, j’ai bien ceci ou fait cela … ». L’objet de ma thèse est donc de voir si la pleine conscience permet aux athlètes de mieux gérer leurs états de stress-récupération. L’objectif est d’analyser cela sur un cycle de charge intensif (stage, cycle d’affutage, quelques semaines avant la compétition). Autrement dit, est-ce que les sportifs récupèrent vraiment mieux lors d’un cycle intensif grâce à la pleine conscience ? Est-ce qu’ils sont moins stressés sur les compétitions ? Actuellement je mets en place les protocoles pour faire ces tests. Une fois que mes questionnaires seront validés, je pourrais passer à la 1ère phase de mise en oeuvre avec les sportifs, les clubs. Il s’agira de mettre en place un suivi sur de la charge stress-récupération, idéalement sur un cycle intensif. En mettant en lien avec la pleine conscience sans intervention, c’est-à-dire en se basant uniquement sur les compétences naturelles que les sportifs possèdent. Après, il faudra analyser ce qu’il se passe à la suite d’un programme de pleine conscience sur cette charge stress-récupération. L’avantage pour les clubs sportifs qui seront sur ce programme est qu’ils pourront avoir un apport sur cet axe lié à la performance. 
 
 
Parcours 
 
Nadia a obtenu son Master en Psychologie Sociale et du Travail en 2015. Elle s’est ensuite dirigée vers les « Armées » en restant 6 années à son poste : 2 ans dans un laboratoire de recherche en psychologie appliquée et 4 ans dans l’accompagnement à la reconversion des militaires. En parallèle de ses missions, elle était également « Officier Sport » de son service. A l’issue de son contrat à l’armée, elle a souhaité se consacrer pleinement à la psychologie dans le milieu du sport et s’est mise en contact avec la Société Française en Psychologie du Sport (SFPS) en France. Il lui a alors été proposé de reprendre un Master EOPS (Entrainement et Optimisation de la Performance Sportive) en STAPS afin d’avoir la double compétence : Psychologie et Sport. Dans le cadre de ce Master, Nadia a travaillé en tant que préparatrice mentale au sein du centre d’entrainement et de formation en danse sur glace à Brest. Elle a également fait un passage (6 mois) à l’INSEP sur la dimension mentale, pour mettre en place des outils à destination des sportifs des différents pôles France. Avec un Master validé en une année, Nadia a ensuite souhaité s’orienter vers une thèse pour valider son parcours de recherche.