« Pour nous c’est une vraie plus-value et une aide à la professionnalisation » entame Edern Plantier, le Président et fondateur de la Crazy Esport – Région Bretagne. « Le fait d’être tous réunis au même endroit, joueurs et membres du staff, c’est important. Je connais beaucoup d’associations en esport qui souhaiteraient le faire mais ce n’est pas forcément évident. » L’équipe Crazy Esport – Région Bretagne était au Campus Sport Bretagne de Dinard du 17 au 20 juin pour un stage de quatre jours axé sur la préparation mentale, la. préparation physique et la nutrition.

« Dès le départ, Arnaud et Aurore (cellule performance du Campus Sport Bretagne) nous ont emmené sur la plage, il ne faisait pas très chaud et il pleuvait … ont a rapidement été mis dans le bain » sourit Alsan, alias Perceval, joueur de l’équipe.  » Personnellement j’avais hâte d’y aller. Je m’attendais à des activités adaptées à notre pratique et ça a été le cas. Le contenu était super intéressant avec plein de bonnes surprises … ils ont réussi à trouver des activités qui correspondaient à notre discipline et à nos spécificités » ajoute le spécialiste du jeu Dragon Ball FighterZ qui a débuté dans le esport en 2018, alors qu’il était étudiant.

« La préparation mentale, ça dépend des joueurs. Chacun à ses propres besoins, ses propres problèmes à résoudre. On peut par exemple travailler sur la gestion du stress, avant ou pendant le tournoi. Pour l’instant, je n’ai pas eu le temps de mettre en pratique mais plusieurs outils proposés vont vraiment m’aider. Sur une compétition, nous sommes souvent sur des éliminations directes … On affronte à chaque fois des joueurs différents, qui utilisent des personnages différents et il peut y avoir un effet de surprise … il faut pouvoir s’adapter car c’est assez stressant » explique Perceval, avant d’ajouter : « Lors du stage au campus, on a fait un exercice sur la pleine conscience et ça m’a bien plu car sur le jeu DragonBall FighterZ, les rencontres durent assez longtemps, jusqu’à cinq minutes. Parfois, je peux avoir l’impression de déconnecter comme si j’étais en mode auto-pilote … c’est donc important de rester focalisé sur la partie pour ne pas avoir de pensées parasites, qui sont naturelles mais qui peuvent me sortir de mon match. En répétant ces exercices, je resterai à force naturellement concentré. » 

« Nous avons également parlé endurance car des compétitions durent deux jours et c’est usant. Il y a pas mal de matches et le rythme est différent selon les tournois. Parfois, on a un match toutes les heures et donc les journées sont assez longues. On peut être partagé entre l’idée de vouloir se préparer pour les prochaines rencontres en jouant un peu entre les parties et la volonté de se reposer sans sortir de notre compétition. Au niveau nutrition, le Campus Sport Bretagne nous a d’ailleurs proposé lors du stage une intervention pour nous sensibiliser à l’importance de l’alimentation, au quotidien et sur les jours où nous sommes en tournoi. Il y a un véritable enjeu lié à la performance. On a essayé de trouver ensemble des solutions adaptées sur les tournois où le rythme est souvent très aléatoire. C’était très intéressant ! » 

La Crazy Esport – Région Bretagne veut se développer en tant qu’association et pour la discipline 

« L’équipe, je l’ai montée en 2008. Nous sommes passés ensuite en association en 2014. Si on se lance en association, c’est pour un but, remplir une mission et aller loin. Nous étions à la base une équipe de joueurs sur le même jeu et on s’appréciaient entre nous. Quand on n’est pas encore trop nombreux, on créé des liens plus forts et plus rapidement. Depuis l’équipe a grandi mais on essaye de faire en sorte que cet état d’esprit reste afin de garder de la bienveillance les uns envers les autres. Le soutien apporté par la Région Bretagne à notre association avec notamment ces stages au Campus s’inscrit pleinement dans cette logique et c’est un véritable plus » explique le Président de l’association.

« En tant que membre du staff, ce stage peut permettre de créer une osmose au sein même de l’association pour qu’il y ait une bonne ambiance, que les joueurs se sentent bien dans notre équipe et que de notre côté on fasse aussi le maximum pour les accompagner, les aider à se déplacer ! Il faut savoir que nous sommes sur plusieurs disciplines avec des joueurs qui jouent en solo … mais parfois les tournois sont organisés en même temps et sur un même lieu. Les joueurs peuvent ainsi être amenés à se voir et donc à s’entraider. Sur un tournoi à l’étranger, c’est toujours bien de voir des personnes que l’on connait car on a ce côté rassurant, familier. » Le travail de cohésion mis en place par Aurore et Arnaud dans le cadre de ce stage joue son rôle à plein.

« On essaye de se développer en tant qu’association mais on veut aussi essayer de développer l’image de esport ! Depuis les années 2000, il y a déjà eu beaucoup de progrès. A l’époque on parlait plus de jeux vidéos que d’esport … et il y avait tous ces clichés qui étaient là. On sent que le regard sur la discipline s’améliore mais on voit aussi qu’il y a encore beaucoup de travail à faire ! Dans notre équipe, on a « monsieur et madame tout le monde » comme dans toutes les associations : des sportifs et d’autres moins sportifs, des joueurs qui font attention à leur alimentation et d’autres moins, des gens qui travaillent et d’autres qui font des études …  » défend le Président de l’association qui souhaite également pousser cette pratique vers une plus grande mixité. Perceval abonde : « Je suis moi-même sportif. Je fais du foot en club avec un ou deux entrainements en semaine plus le match le week-end quand il n’ya pas de tournoi esport. De manière générale, je trouve que le sport rafraîchit l’esprit. Etre concentré à longueur de temps sur une seule chose c’est un peu difficile. Je ne peux pas faire que du esport. Dans mes loisirs, j’aime bien varier et faire des activités différentes. Aussi, faire du sport, peu importe la pratique, ça me rafraîchit vraiment l’esprit en plus des aspects liés à la santé. »