Après sa traversée de la Manche à la nage, Thibaud Collet forme des nageurs à réaliser ce défi

Nageur depuis ses plus jeunes années, Thibaud Collet est arrivé à Dinard en 2000. Membre du Dinard Olympique Natation (DON) pendant plus de 17 ans, il a monté l’an dernier sa structure (« Tous à l’O ») avec Jenny, sa compagne. Une année qui fût riche en événements puisque Thibaud a également traversé la Manche à la nage. Une performance. Les 21, 22 et 23 mai derniers, celui qui intervient chaque année pour notre BPJEPS AAN, accueillait à Dinard un groupe de 15 nageurs, tous déterminés à se préparer au même exploit que leur directeur de stage.

 

Comment vous est venu cette idée de proposer un stage pour traverser la Manche ? Pour pouvoir s’inscrire à la Traversée de la Manche à la nage, il faut pouvoir justifier d’avoir déjà nagé pendant plus de six heures dans une eau à moins de quinze degrés. En France, il n’existe pas beaucoup de structures qui permettent de passer cette qualification. Personnellement, je l’avais faite à Palavas, il y a deux ans. Je trouvais un peu dommage de devoir faire ce stage à l’autre bout de la France, en mer Méditerranée, alors que nous sommes nombreux à vouloir tenter cet Angleterre-France à la nage et sans combinaison. Cette idée est venue de ce constat. En 2020, nous avions lancé ce projet de stage qui avait finalement été annulé à cause du Covid. On a relancé la possibilité de faire ce stage en mai 2021. Il est ouvert à tout le monde dans la mesure où l’on a déjà un passé de nageur, avec bien entendu un niveau correct. 

 

 

Quel est le programme de ces trois jours pour les stagiaires ? Pendant ce stage, on organise cinq sessions de nage. La première, c’est une accoutumance à l’eau car elle est à 12 ou 13 degrés. Le vendredi soir, on organise une nage de nuit. C’est particulier de faire ce type d’exercice. On l’organise car pour ceux qui se préparent à cette traversée de la Manche, il faut être en capacité de nager dans ces conditions. Par exemple, l’an dernier lors de la traversée j’avais nagé pendant neuf heures de nuit … Le samedi, il y a deux sessions de nage qui sont organisées : le matin, une nage d’orientation où le but est de pouvoir s’orienter en visant des bouées ou d’autres éléments, et l’après-midi nous nageons au niveau de la pointe de Saint-Enogat, un spot avec beaucoup de courant. Enfin, le dimanche nous effectuons cette fameuse nage de 6 heures.

Une équipe de chercheurs était présente lors de ce stage, dans quelle optique ? Je suis effectivement en lien avec une équipe de chercheurs originaires de Caen et un médecin du CHU de la même ville. Ils mènent des études sur la réaction du corps par rapport à l’hypothermie, notamment chez les nageurs. Ils avaient déjà fait des études sur des profils qui avaient nagé pendant 25 kilomètres sur une eau à 20 degrés. Je les ai contacté en leur proposant de faire cette même étude dans une eau à 12 degrés. Ils n’avaient jamais fait cela avec une température pareille. Finalement ils étaient assez contents car trois personnes ont nagé pendant 6 heures. L’idée est de recommencer l’année prochaine sur ce même stage. L’équipe médicale est partante pour revenir. 

Qu’est-ce qu’a représenté pour toi cette traversée de la Manche ? Cette traversée a été synonyme de dépassement de soi avant tout. C’est une épreuve qui n’est pas si simple que cela, d’autant plus avec le contexte de l’époque où je ne m’étais pas entrainé pendant trois mois à cause du confinement. J’avais aussi eu une quatorzaine obligatoire avant le départ … plusieurs rebondissements qui avaient engendré pas mal d’incertitude et donc de stress. Je suis resté focalisé sur mon objectif. J’étais prêt mentalement et physiologiquement. A partir du moment où l’on est soutenu comme due l’ai été durant toute cette péréquation c’est réalisable. La partie mentale est prépondérante sur ce type de défi. Je n’étais bien entendu pas à l’abris d’un problème mais d’une manière générale j’étais quand même assez serein.

 

Dans quel cadre tu interviens pour le Campus sport Bretagne ? J’interviens chaque année sur les promotions AAN depuis une bonne dizaine d’années au Campus. Avec Jenny, on construit un raid que l’on propose à David Thimeur en début d’année pour les apprenants, qui s’apparente à une journée de cohésion. On met en place également un raid de fin d’année qui est organisé le 18 juin cette année. Personne ne sait ce qu’il va se passer … c’est la surprise et ils sont rarement déçus (sourire).