Les jeunes volleyeurs tricolores au Campus pendant une semaine

 

« Surtout pas de faute au filet ! Je préfère que vous preniez un risque sur la longueur de vos services, mais pas de faute au filet. C’est bien compris ? » Jocelyn Trillon, le responsable des jeunes volleyeurs tricolores en stage à Dinard, donne de la voix au centre de la salle omnisports du complexe Michelet. Réunis pendant une semaine au sein de notre Campus Sport Bretagne, les meilleurs U16 (sportifs nés en 2005 ou 2006) sont rassemblés par la FFVolley dans une optique de détection pour la rentrée prochaine mais aussi pour préparer les futures échéances internationales de ces catégories d’âges. Explications avec celui qui a été précédemment cadre technique durant 10 années au sein du Pôle Espoir de Volley à Dinard. 

Jocelyn, pouvez-vous nous parler de ce groupe ? Ils ont 15, 16 ou 17 ans et sont tous listés SHN et en pôle espoir, sauf deux éléments qui sont dans des clubs professionnels avec un centre de formation. Tous ces jeunes présents à Dinard peuvent s’entrainer avec leur statut de Sportif de Haut Niveau, comparativement aux autres adolescents de leur âge qui ne font plus rien sportivement depuis un an.

Pourquoi travailler dès à présent avec ces jeunes ? Comme d’autres fédérations sportives, nous nous sommes rendu compte qu’on apporte beaucoup d’expérience à ces jeunes en cherchant à ce qu’ils soient performants le plus tôt possible. A terme, ce dispositif doit leur être bénéfique pour tout le monde. On le voit avec le Rugby et tous ces jeunes qui performent actuellement avec le XV de France. Ces rugbymans ont été champions du Monde U20/021 et il vont faire les beaux jours de l’équipe A pendant plusieurs années.

Historiquement, c’est pareil avec le volley. On sait que la génération actuelle qui est en équipe de france senior et qui est performante, ce sont des jeunes qui en 2007 ont gagné le premier titre de champion d’Europe et ils avaient fait d’autres médailles internationales auparavant. Depuis longtemps on remporte des médailles chez les jeunes. Il peut y avoir une relation de cause à effet même si par la suite tous ne se hisseront pas au plus haut niveau. Dans ces groupes de jeunes que l’on suit, on sait que les un, deux – voire même trois éléments, pour les belles générations – bénéficient d’une expérience intéressante pour jouer un rôle dans l’élite par la suite. Un exemple : aujourd’hui, le capitaine de l’équipe de France senior Benjamin Toniutti, joue au plus haut niveau international contre des joueurs qu’il rencontrait déjà quand il était cadet … ça fait déjà plus de 10 ans qu’ils se suivent. A un moment donné, c’est aussi marquer son territoire, montrer que l’on est là … c’est le début d’une belle aventure pour certains et j’espère qu’ils seront un maximum de joueurs à aller très loin.

Des échéances majeures arrivent prochainement ? En plus de la détection pour le Pôle France l’année prochaine, on se prépare aussi aux tournois de qualification pour disputer les championnats d’Europe de leur catégorie d’âge qui auront lieu en juillet en Albanie. Le premier tournoi de qualif’ devait se tenir en janvier mais il a été décalé en mars puis finalement fixé au début du mois d’avril en Italie. Nous n’avons aucune certitude qu’il puisse avoir lieu mais on se prépare quand même dans cette perspective. Dès que l’on peut avoir un créneau pour mettre en place des stages et des entrainements, malgré la période, on essaye de faire en sorte que ça se fasse en respectant les protocoles et règles sanitaires. Un second tournoi de qualification est prévu au mois de mai et ensuite direction l’Albanie, si tout se passe bien. La génération précédente est championne d’Europe, donc la barre est haute !

Qu’est ce que vous travaillez avec votre staff sur ce stage ? Nous sommes en pré-affutage car il nous restera ensuite un dernier stage de préparation avant de nous rendre en Italie début avril. Nous sommes ici jusqu’au mardi 9 mars et on retrouvera ce groupe vers le 20. Au niveau du contenu, nous sommes sur de l’intensité avec pas mal d’heures d’entrainement. On essaye de travailler notamment sur la liaison passe-attaque et sur la cohésion de groupe. On va également rentrer dans du défi, du duel. On note des petits résultats, des statistiques offensives tout au long du stage car l’idée est de commencer à les « titiller » là-dessus. On peut ainsi voir leur caractère, voir comment ils se comportent fasse à la difficulté, à l’adversité. On travaille avec eux depuis plusieurs stages et on construit l’édifice « pierre par pierre » … 

Pourquoi venir vous préparer au Campus Sport Bretagne ? Dinard et le volley c’est historique puisqu’un pôle espoir y est installé depuis 2001. J’ai été cadre technique ici pendant 10 ans et j’ai monté ce pôle espoir donc j’ai une véritable attache avec cette structure. Après ce n’est pas qu’affectif. Le Campus Sport Bretagne est un super endroit pour s’entrainer. Les conditions de travail sont bonnes pour jouer au volley. La salle est grande en surface de parquet et le plafond est à hauteur pour ces catégories d’âge. On a aussi la salle de musculation qui est au bout du couloir … avec un hébergement et un service de restauration qui est top pour ces jeunes. C’est un lieu agréable, une petite structure où je me sens vraiment bien.

 

Maxime Rannou / Campus Sport Bretagne